Elections 2018

EMERY-TORRACINTA Anne

Parti Socialiste – candidature pour et le .

La Fédération genevoise des associations LGBT et ses associations membres

Fondée en 2008, la Fédération genevoise des associations LGBT (lesbiennes, gay, bisexuelles et trans*) est composée des associations 360, Dialogai, Lestime, Parents d’homos et Think Out. Nous vous invitons à prendre connaissance de nos associations membres et de leurs projets sur leurs sites respectifs: www.association360.ch www.dialogai.org www.lestime.ch parentsdhomos.ch https://www.facebook.com/ThinkOutThinkDifferent/ Nous vous invitons également à prendre connaissances des projets de la Fédération: www.federationlgbt-geneve.ch

 

Questionnaire pour les élections cantonales

A l’occasion des élections cantonales 2018, la Fédération genevoise des associations LGBT souhaite connaître votre position personnelle sur une série de questions liées aux thématiques LGBT. Nous vous remercions d'avance de votre participation à notre questionnaire. En application de la loi, vos coordonnées personnelles resteront confidentielles. L’ensemble de vos réponses fera l’objet d’une analyse et d’une publication (médias et site de la Fédération et de ses associations membres). Nous avons également mis à votre disposition un lexique des principaux termes évoqués ci-dessous. Le délai pour remplir le questionnaire est fixé au 28 février 2018.  Nous restons à votre disposition pour toute question: info@federationlgbt-geneve.ch - 076 437 84 14. Un grand merci !

1. Institutionnalisation de la prévention et de la lutte contre les LGBT-phobies

1a. Malgré l’article 15.2 de la Constitution genevoise, il n’existe aujourd’hui aucune base légale concernant la prévention et la lutte contre les violences, les stéréotypes et les discriminations basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Êtes-vous en faveur d’une loi cantonale visant à prévenir et lutter contre les violences, les stéréotypes et les discriminations basées sur l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre?
Oui : « La lutte contre les inégalités de tout type est l'une de mes priorités et guide mon action quotidienne au sein du département de l'instruction publique, de la culture et du sport (DIP) dont je suis en charge. Je m’engage ainsi résolument pour faire progresser la promotion de l’égalité entre les sexes, pour lutter contre toutes les discriminations, et en faveur de la prévention de l’homophobie et de la transphobie au sein de la société. Plus particulièrement, au sein du DIP depuis 4 ans, j'œuvre pour que chaque enfant, chaque jeune, soit considéré.e et respecté.e comme un.e membre à part entière de la communauté, pour qu'elle ou il puisse apprendre à bien vivre avec les autres, dans le respect des valeurs démocratiques qui fondent notre société. J'ajouterais qu'au sein de l'école, la lutte contre les violences de genre, l'homophobie et la transphobie est un axe important de l'ensemble des actions menées au sein des établissements. Ceci appelle plusieurs axes d'actions : prévention, formation, sensibilisation, intervention, prise en charge. Le message que l'institution délivre est ici essentiel : la valorisation de la diversité et la défense du respect de chacun.e, à commencer dans son intégrité physique et psychique. Je m'engage ainsi avec force et conviction pour favoriser la reconnaissance et l’intégration des personnes de la communauté LGBT, pour lutter contre toute forme de discrimination à leur égard, de manière générale au sein de la société. C'est pourquoi je suis favorable à l'ensemble des propositions de ce questionnaire. »
1b. Êtes-vous en faveur d’un plan d’actions cantonal visant à prévenir et lutter contre les violences, les préjugés et les discriminations basées sur l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre?
Oui : « Dans le cadre d'un tel plan d'action, j'inscrirais les 3 axes qui sont d'ores et déjà déployés au sein du DIP dans le cadre du travail de promotion de l’égalité, de lutte contre les discriminations et pour la promotion de la diversité: 1. Actions de prévention et de sensibilisation auprès des élèves et de l'ensemble des membres des collaboratrices et collaborateurs du DIP pour lutter contre les préjugés, les différentes formes de discrimination, apprendre à les reconnaître, à réagir, favoriser une orientation en toute liberté, un épanouissement de chacun dans le respect de tous. • Aujourd'hui plus de 80% des établissements du secondaire II ont intégré un module de formation ou de sensibilisation des enseignant.e.s ainsi que des ateliers avec les élèves : projections de films, débat, concours de dessins, création de films courts, expo itinérante, jeux de rôle, séminaires, permettent de conscientiser la collectivité scolaire. • Au cours de la législature, l'enseignement obligatoire (primaire et cycle d'orientation) est entré dans le dispositif : trois opérations de formation des collaboratrices et collaborateurs (sur un an) ont eu lieu dans des établissements du primaire et du cycle d'orientation. • En 2017, la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie a mobilisé de nombreuses écoles du primaire, des cycles d'orientation et d'établissements du secondaire II avec un engagement varié et riche : avec par exemple la création de ciné clubs, la rédaction de textes, de poésies, de chansons par des élèves, de projection de films sur ces thématiques accompagnés de débats, rencontres avec des expert.e.s, des cinéastes, lectures de texte, expositions dans le hall ou les couloirs avec accompagnement professionnel. • Des outils pédagogiques non discriminants ont été élaborés. L'opération mosaïque lecture (en collaboration avec le canton de Vaud) met ainsi à disposition des enseignant.e.s du primaire, une besace multicolore de 26 livres abordant toutes les facettes de la diversité. J'ai également souhaité que le DIP soutienne et participe à l'élaboration d'un "guide des bonnes pratiques" autour de l'égalité et la prévention des discriminations. Il est à paraître au printemps 2018. Je soulignerai encore le travail en collaboration avec les maîtres de discipline à l'enseignement obligatoire pour intégrer des contenus antidiscriminatoires dans les différentes branches a également eu lieu. De manière générale le DIP s'implique dans une perspective d’harmonisation intercantonale, afin d’intégrer la question de la prévention de l'homophobie et particulièrement de la diversité des modes de vie et des choix dans les exemples pédagogiques, dans le Plan d'étude romand (formation générale) et dans les moyens d'enseignement qui en découlent. 2. Intensification et adaptation des dispositifs d'intervention en soutien auprès des élèves. • Au cours de la législature actuelle, nous avons intensément travaillé au développement et au renforcement des actions de prévention de l’homophobie ainsi qu'à l’amélioration de nos dispositifs d’intervention dans les établissements de l'ensemble des degrés : ceci afin d'assurer une prise en charge adéquate, un soutien aux jeunes gens concerné.e.s. • Nos actions se déploient en particulier au sein des établissements de l'ESII (particulièrement concernés) mais aussi à l'ensemble des établissements (dont le primaire et le CO). Ainsi une cartographie de prévention des discriminations au CO avec l'interview des directrices et directeurs sur la prévention de toutes les formes de discriminations a eu lieu en partenariat avec l'Université de Genève et la participation financière du département. Cet état des lieux a pour but de permettre de mieux soutenir les directions d'établissement en comprenant leurs besoins et donc en adaptant nos interventions. • Notre action se situe également dans la consolidation des réseaux partenaire avec le soutien à la création de « réseaux d’alliés » : un maillage de compétences formées, au sein de la collectivité scolaire, pour repérer une situation d’homophobie et prodiguer des conseils adéquats. Depuis 4 ans, le réseau s'étoffe dans le secondaire II. 3. Intensification des collaborations avec nos institutions partenaires. • Soutien à Dialogai/Le Refuge, Totem, La Fédération LGBT et Agnodice, Stop Suicide pour le soutien aux élèves en détresse, notamment transgenres. • Intensification des collaborations avec l'ensemble des partenaires tels que l'Université de Genève, la HETS, les HUG, le BIE et le BPEV.  »
1c. Le BPEV inclut un poste de chargé.e de projets LGBTIQ à 20 %. Êtes-vous en faveur de l’extension de ce poste à un plein temps, temps de travail qui reflèterait mieux les besoins du poste, notamment liés à l’application du Regal?
Oui : « Le DIP a participé aux travaux sur le " Règlement pour l'égalité et la prévention des discriminations en raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre (REgal) (B5.05 II). Septembre 2017.  »
  1d. Êtes-vous en faveur du renforcement de la prévention et de la lutte contre les discriminations, les violences et les préjugés, intégrant les discriminations basées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre?
Oui : « Comme indiqué précédemment, je défends avec force l'ensemble de ces actions, mesures et dispositifs pouvant favoriser une société reconnaissant l'ensemble de la diversité des personnes. Par ailleurs, en effet, depuis plusieurs années, la Fédération LGBT propose des interventions ciblées dans les établissements. Au cours de la présente législature, le DIP a stabilisé son mandat à la Fédération LGBT afin de pérenniser l'action de la fédération. »
  1e. Êtes-vous en faveur d’une intégration des spécificités et vulnérabilités liées à la santé des femmes lesbiennes et bisexuelles dans les campagnes cantonales de prévention de santé?
Oui

2. Milieux professionnels

Les conclusions de l’étude «Être LGBT au travail» menée par l’Institut des Études Genre et la Fédération genevoise des associations LGBT montrent que les violences, les discriminations et les stéréotypes LGBT-phobes sont encore bien trop présents dans les milieux professionnels suisses, avec des conséquences négatives sur la santé des employé.e.s, sur l’égalité des chances et sur le climat de travail. Le Règlement pour l’égalité et la prévention des discriminations en raison du sexe, de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre (REgal) prévoit des mesures pour prévenir et lutter contre les discriminations, les violences et les préjugés en raison du sexe, de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre au sein de l’administration cantonale. Êtes-vous favorable à ce que l’État encourage les milieux professionnels privés et publics, notamment via l’OCIRT, à mettre en place des mesures dans leurs politiques internes visant à prévenir et à lutter contre les discriminations LGBT-phobes en contexte professionnel?
Oui

3. Création d’un Centre d’écoute des victimes de LGBT-phobies

Depuis mai 2013, l'État de Genève finance un Centre d'écoute et d'aide destiné aux victimes du racisme, centre coordonné par l'ensemble des associations de lutte contre le racisme. Êtes-vous en faveur de la création d’un tel centre concernant les discriminations liées à l'orientation sexuelle et/ou à l'identité de genre, financé par les pouvoirs publics et qui serait géré par la Fédération genevoise des associations LGBT et ses associations membres?
Oui
 

4. Précarité des personnes trans* et violences envers celles-ci

Les personnes trans* font face à une précarité sociale et professionnelle particulièrement grave: le taux de chômage des personnes trans* en Suisse s’élève à 20%, soit plus de 5 fois la moyenne de la population générale, indique l’enquête «Trans-Fair» menée par l’association nationale Transgender Network Switzerland en 2015. 30.8% des personnes trans* qui ont répondu à l’enquête et en situation de chômage avaient perdu leur emploi explicitement en raison des réactions transphobes suite à l’annonce de leur transition. De nombreuses personnes trans* se trouvent à la rue. 4a. Êtes-vous en faveur de la mise en place par l’État d’actions spécifiques afin de lutter contre la précarité des personnes trans*?
Oui : « La réalité des élèves transgenres dans au niveau de l'école secondaire I et II nous a conduit à élaborer et multiplier les interventions de suivis personnalisés et collectifs (modules de sensibilisation auprès des directions et des enseignantes ainsi que des élèves), en partenariat avec Agnodice, Le Refuge, Totem et la participation du Service santé enfance et jeunesse du DIP. Un protocole de prise en charge a ainsi été élaboré en interaction directe avec les différents acteurs de l'école notamment (directions d'établissement). Son but : assurer une prise en charge adaptée aux besoins des jeunes concerné.e.s, afin de leur permettre de d'épanouir dans cette identité, de les soutenir dans les difficultés rencontrées, de les accompagner et de leur apporter confiance, et enfin de poursuivre leur formation dans des conditions de sérénité et bienveillance.  »
  Les personnes trans* sont également davantage la cible de violences et de discriminations: plus de la moitié des personnes trans* ont été la cible de discriminations ou d’au moins une forme de violence durant les 12 derniers mois, en particulier dans les domaines du travail, de la santé et de l’éducation. La Constitution genevoise comporte un principe de non-discrimination vis-à-vis de l’orientation sexuelle d’une personne, mais pas de son identité de genre. 4b. Êtes-vous en faveur de l’inscription d’un principe de non-discrimination lié à l’identité de genre dans la Constitution genevoise?
Oui
  Le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) considère malheureusement la transidentité comme la dysphorie de genre, un trouble mental. Si un accompagnement médical est nécessaire, en particulier pour la prise d’hormones ou les opérations chirurgicales, le fait d’être trans* est toujours considéré comme une pathologie. Cette situation est dénoncée par les associations de protection des droits des personnes trans*, par la Fédération et ses associations membres et par des professionnel.le.s de la santé et des études de terrain. 4c. Êtes-vous en faveur d’une dépathologisation de la transidentité?
Oui
4d. Êtes-vous en faveur d’une formation de base et continue des psychiatres et autres professionnel.le.s de la santé aux questions trans*?
Oui : « Comme indiqué précédemment, la réalité des élèves transgenres dans au niveau de l'école secondaire I et II nous a conduit à élaborer et multiplier les interventions de suivis personnalisés et collectifs (modules de sensibilisation auprès des directions et des enseignantes ainsi que des élèves), en partenariat avec Agnodice, Le Refuge, Totem et la participation du Service santé enfance et jeunesse du DIP.  »
  De plus, pour changer de sexe officiellement, à l’état civil, en l’absence d’une législation fédérale claire, certains tribunaux cantonaux exigent encore trop souvent la preuve d’une réassignation génitale ou la preuve d’une stérilité irréversible de la personne trans*. Des critères pourtant clairement contraires au respect de la personne, de sa dignité et de ses droits fondamentaux, ce que les associations dénoncent également. Un avis de droit de l’Office fédéral de l’état civil, qui n’a pas de valeur contraignante, estime qu’il n’est pas nécessaire d’exiger qu’une personne doive se soumettre à une opération de réassignation chirurgicale alors qu’elle ne le souhaite pas et de devoir prouver qu’elle est stérile pour pouvoir changer de sexe à l’état civil. En l’absence d’une législation fédérale uniforme, les pratiques des tribunaux diffèrent d’un canton à l’autre. 4e. Êtes-vous en faveur d’un changement d’état civil facilité pour les personnes trans*, qui ne dépendrait pas d’une preuve de stérilisation et qui se baserait sur l’auto-détermination des personnes trans*?
Oui
4f. Êtes-vous en faveur d’une loi cantonale qui encadrerait le processus de transition, permettrait de dépathologiser la transidentité et qui se baserait sur l’auto-détermination des personnes trans* pour le changement de sexe à l’état civil?
Oui
 

5. Soutien aux associations et leur implication

La Fédération genevoise des associations LGBT et ses associations membres ont été les organisatrices des Premières assises contre l’homophobie à Genève en 2009, de la journée de Suivi de celles-ci en 2011 et des assises «La diversité au travail: un enrichissement mutuel» en 2014. L’État et la Ville de Genève, ainsi que les autres communes et villes genevoises ont été et sont des partenaires, politiques comme financiers, essentiels de ces événements. La Fédération fait également partie de la Commission consultative de l’égalité entre femmes et hommes du Bureau de la promotion de l’égalité entre femmes et hommes et de la prévention des violences domestiques du Canton de Genève. 5a. Êtes-vous en faveur d’une consultation et d’une implication régulière de la Fédération et de ses association membres par l’État et les établissements autonomes que celui-ci contrôle, ceci concernant les questions liées à l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre?
Oui : « Pour mener à bien sa mission, le DIP considère qu'il est essentiel de valoriser le travail en réseau et d'intensifier les collaborations avec nos institutions partenaires, qui se traduit par exemple par: • Le soutien à Dialogai/Le Refuge, Totem, La Fédération LGBT et Agnodice, l'association parents d'homos, Stop Suicide pour le soutien aux élèves en détresse, notamment transgenres. • L'intensification des collaborations avec l'ensemble des partenaires tels que l'Université de Genève, la HETS, les HUG, le BIE et le BPEV. Le lien renforcé avec les associations concernées permet de faire évoluer les pratiques. Par exemple, à la demande des familles Arc-En-Ciel, j'ai fait modifier le formulaire de la base de données scolaires du DIP de manière à reconnaitre la diversité des configurations familiales, notamment les familles arc-en-ciel mais aussi les familles recomposées hétérosexuelles. »
5b. Êtes-vous favorable au soutien politique et financier de la Fédération genevoise des associations LGBT et de ses associations membres?
Oui : « Au plan politique, le parti socialiste que je représente a comme valeurs fondamentales le respect de chacun.e. Il est très mobilisé sur ces questions et attaché à la protection de tous et toutes. En tant que magistrate socialiste je défends et porte ces valeurs avec toute ma conviction. Au plan financier, depuis plusieurs années, la Fédération LGBT propose des interventions ciblées dans les établissements. Au cours de la présente législature, le DIP a stabilisé son mandat à la Fédération LGBT afin de pérenniser l'action de la fédération. Le DIP soutient également l'association parents d'homos (sponsorat d’une brochure et plusieurs encouragements via des rencontres et invitations). Le DIP soutient aussi l'association des familles homoparentales et notamment sa journée consacrée aux « familles arc-en-ciel : des préjugés à la reconnaissance ». Soutien également au groupe de parents concernés par la transidentité de leur enfant créé par le Refuge.  »

 
A répondu le 27.02.2018
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